
Menée par la reine Mathilde et organisée avec le soutien de plusieurs fédérations économiques belges, dont la Chambre de Commerce belgo-luxembourgeoise en Turquie, cette mission de plus de 450 participants vise à renforcer les coopérations industrielles entre Bruxelles et Ankara dans les secteurs stratégiques.
La Belgique lance une importante mission économique en Turquie du 10 au 14 mai, sous la conduite de la reine Mathilde. Cette délégation de grande ampleur réunit près de 430 à 450 participants issus de près de 200 entreprises, ainsi que des représentants institutionnels, universitaires et consulaires belges. L’objectif affiché est de renforcer les relations économiques avec Ankara dans des secteurs jugés stratégiques pour l’avenir industriel européen.
La mission se concentrera principalement sur l’aéronautique, la défense, les technologies numériques, la transition énergétique, la logistique et les biotechnologies. Les autorités belges considèrent désormais la Turquie comme un partenaire industriel incontournable, notamment dans le domaine de la défense, où l’industrie turque a connu une croissance spectaculaire ces dernières années.
Dans ce dispositif, la CCBLT joue un rôle actif dans l’organisation des rencontres d’affaires et des échanges B2B entre entreprises des deux pays. Cette structure, historiquement impliquée dans le développement des relations économiques entre Bruxelles, Luxembourg et Ankara, accompagne les entreprises belges souhaitant se positionner sur le marché turc, en particulier dans les secteurs industriels et technologiques.
La délégation comprend également 17 fédérations économiques et Chambres de Commerce, signe de l’importance accordée au dialogue entre acteurs publics et privés. À Ankara, plusieurs entreprises belges de défense doivent rencontrer leurs homologues turcs afin d’explorer des coopérations industrielles et technologiques. Jusqu’à 80 sociétés belges du secteur de la défense pourraient participer à cette séquence économique.
Le ministre belge de la Défense et du Commerce extérieur, Theo Francken, a d’ailleurs qualifié l’industrie de défense turque de «modèle» pour l’Europe, mettant en avant ses capacités d’innovation et sa rapidité de production. Ces déclarations illustrent l’intérêt croissant de plusieurs pays européens pour l’écosystème industriel turc, notamment dans les drones, les systèmes navals et l’aéronautique militaire.
Au-delà des enjeux militaires, la Belgique cherche aussi à consolider ses positions commerciales dans un pays devenu l’un de ses principaux partenaires hors Union européenne. Les échanges bilatéraux atteignent désormais environ 8 milliards d’euros par an, portés par les industries manufacturières, la chimie, la logistique et les technologies avancées.
Cette mission intervient dans un contexte géopolitique particulier, marqué par le renforcement des capacités industrielles européennes et par les tensions internationales autour des chaînes d’approvisionnement stratégiques. Pour Bruxelles, la Turquie apparaît de plus en plus comme une plateforme industrielle et logistique essentielle entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie.
Enfin, le rôle des structures consulaires et des Chambres de Commerce impliquées dans cette mission illustre une tendance croissante de la diplomatie économique européenne : associer directement les acteurs industriels aux initiatives politiques afin d’accélérer les partenariats, les investissements et les transferts technologiques entre pays alliés.























