Réunis à Dar es Salaam par la Chambre de Commerce franco-tanzanienne (FTCC) et l’ambassade de France, anciens étudiants formés en France et dirigeants d’entreprises ont mis en avant le rôle croissant des réseaux académiques dans le développement économique entre les deux pays.

La France et la Tanzanie cherchent à renforcer leurs relations économiques à travers un levier souvent moins visible que les grands investissements : les réseaux d’anciens étudiants formés à l’étranger. Cette stratégie a été mise en lumière lors du France Alumni Day et d’un cocktail de networking organisés le 30 avril à Dar es Salaam par l’ambassade de France et la Chambre de Commerce franco-tanzanienne (FTCC).

L’événement a réuni des diplômés tanzaniens ayant étudié dans des universités françaises ainsi que des membres de la FTCC, avec pour objectif de rapprocher les mondes académique et économique. Pour l’ambassadrice de France en Tanzanie, Anne-Sophie Avé, ces profils représentent de véritables «passerelles vivantes» entre les deux pays, capables d’accélérer les coopérations commerciales et industrielles.

La Chambre de Commerce franco-tanzanienne (FTCC) joue un rôle central dans cette dynamique. Affiliée au réseau CCI France International, elle accompagne les entreprises françaises implantées en Tanzanie tout en aidant les sociétés tanzaniennes à accéder au marché français. La FTCC développe également des programmes de mise en relation, de mentorat et d’accompagnement des investisseurs afin de structurer les échanges économiques bilatéraux.

L’initiative illustre une évolution des relations économiques franco-africaines, désormais davantage centrées sur le capital humain et les compétences locales. Les autorités françaises cherchent à s’appuyer sur des diplômés connaissant à la fois les standards européens et les réalités africaines pour favoriser l’émergence de projets entrepreneuriaux et industriels durables.

Parmi les intervenants figurait Patrick Mwanri, directeur général de Precision Air et ancien étudiant de la Toulouse Business School. Son parcours a été présenté comme un exemple concret de transfert de compétences entre la France et la Tanzanie, notamment dans le secteur stratégique de l’aviation. Grâce à sa formation en management aéronautique, il contribue aujourd’hui à la modernisation du transport aérien tanzanien.

Au-delà de l’aérien, les anciens étudiants formés en France sont de plus en plus présents dans les secteurs de la finance, des télécommunications, de l’énergie ou encore des infrastructures. Cette montée en compétence accompagne une économie tanzanienne en forte croissance, avec une progression attendue du PIB supérieure à 6% en 2026 selon plusieurs institutions internationales.

Dans ce contexte, la FTCC multiplie les initiatives pour structurer un véritable écosystème d’affaires franco-tanzanien. L’organisation anime désormais des comités dédiés à la fiscalité, au transport, à l’ESG ou encore à l’entrepreneuriat, tout en organisant régulièrement des forums économiques et des rencontres BtoB à Dar es Salaam.

Cette stratégie s’inscrit plus largement dans le repositionnement économique français en Afrique de l’Est. Face à la concurrence croissante de la Chine, de la Turquie ou des pays du Golfe, Paris cherche à renforcer son influence économique à travers des partenariats fondés sur la formation, l’innovation et les réseaux professionnels. Dans cette approche, la FTCC apparaît comme un outil central de la diplomatie économique française en Tanzanie.

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