
La Chambre de Commerce et d’Industrie de Corée (KCCI) et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Japon (JCCI) veulent approfondir la coopération économique entre Séoul et Tokyo. Réunis le 31 août à Sendai, leurs dirigeants ont plaidé pour la construction d’un marché et d’un écosystème industriel plus intégrés, notamment dans les start-up, l’intelligence artificielle et la mobilité des personnes.
La coopération économique entre la Corée du Sud et le Japon pourrait franchir une nouvelle étape. Lors d’une réunion bilatérale organisée le 31 août à Sendai, Chey Tae-won, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Corée (KCCI) et du groupe SK, a appelé les deux pays à renforcer leurs liens face à un environnement économique mondial de plus en plus instable. Son message repose sur une idée simple : les forces de l’un peuvent compenser les faiblesses de l’autre.
Pour le dirigeant sud-coréen, la proximité des structures industrielles, des marchés et des capacités technologiques constituent des arguments en faveur d’une coopération beaucoup plus étroite. Chey Tae-won estime que Séoul et Tokyo doivent dépasser la logique de concurrence bilatérale pour construire ensemble un marché plus vaste et un écosystème industriel capable de rivaliser avec les grands pôles économiques mondiaux. Il qualifie cette ambition de «solidarité économique» entre les deux pays.
La Chambre de Commerce et d’Industrie de Corée, principale organisation patronale du pays, joue un rôle central dans cette réflexion. Forte d’un vaste réseau d’entreprises allant des grands conglomérats aux PME, la KCCI multiplie depuis plusieurs mois les initiatives en faveur d’un rapprochement économique avec le Japon. Chey Tae-won défend notamment l’idée d’une communauté économique inspirée, à certains égards, du modèle européen.
Face à elle, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Japon (JCCI) constitue également un interlocuteur majeur du secteur privé japonais. La rencontre de Sendai illustre la volonté des deux organisations consulaires de donner davantage de profondeur au dialogue entre entreprises, au-delà des relations gouvernementales. Les Chambres de Commerce entendent ainsi devenir des plateformes de coopération sur des sujets où les économies japonaise et sud-coréenne présentent de fortes complémentarités.
Plusieurs pistes concrètes ont été évoquées. Chey Tae-won a proposé un programme pilote permettant aux citoyens des deux pays de voyager sans passeport entre la Corée du Sud et le Japon. Il a également appelé à faciliter les investissements transfrontaliers dans les start-up afin d’accélérer leur développement sur les deux marchés. Une coopération autour du partage des données liées à l’intelligence artificielle pourrait également permettre aux deux pays de participer davantage à la définition des futurs standards mondiaux.
L’intelligence artificielle et les technologies avancées occupent une place particulière dans ce rapprochement. La Corée du Sud dispose de champions mondiaux dans les semi-conducteurs et les technologies numériques, tandis que le Japon possède une expertise industrielle considérable dans les matériaux, les équipements de production et la robotique. Un rapprochement plus structuré pourrait renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et améliorer la compétitivité des deux économies dans la course mondiale aux technologies stratégiques.
Cette coopération apparaît d’autant plus nécessaire que les deux pays sont confrontés à des défis similaires : vieillissement démographique, ralentissement de la croissance, dépendance aux exportations et concurrence technologique croissante entre les États-Unis et la Chine. Selon une enquête publiée par la KCCI en juillet, près de 70% des Sud-Coréens se déclaraient favorables à la création d’une communauté économique de type européen avec le Japon, tandis que 60% des Japonais interrogés soutenaient également cette perspective.
Le rapprochement entre Séoul et Tokyo reste néanmoins marqué par un passé historique et des différends diplomatiques qui continuent régulièrement de peser sur leurs relations. C’est précisément pour dépasser ces tensions que les milieux économiques cherchent à installer une coopération durable, fondée sur des intérêts industriels communs. La multiplication des échanges entre la KCCI et la JCCI pourrait ainsi contribuer à créer des mécanismes de dialogue plus stables entre les deux communautés d’affaires.
Pour les Chambres de Commerce et d’Industrie de Corée et du Japon, l’objectif dépasse désormais la simple augmentation des échanges bilatéraux. Il s’agit de construire une véritable capacité économique commune, capable de soutenir l’innovation, d’élargir les marchés accessibles aux entreprises et de renforcer la position des deux pays dans l’économie mondiale. La réunion de Sendai confirme ainsi le rôle croissant des organisations consulaires dans la construction d’un nouveau partenariat économique entre Séoul et Tokyo.






















