À la suite des violences et des pillages des 17 et 18 octobre, plusieurs milliers de commerces ont été touchés en France. Alors que les dégâts se chiffrent en centaines de millions d’euros, les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) se mobilisent pour recenser les pertes, accompagner les démarches d’indemnisation et aider les entreprises à reprendre leur activité.

Le bilan des violences urbaines des 17 et 18 octobre continue de s’alourdir. Alain Di Crescenzo, Président de CCI France, estimait dès le 19 octobre à plus de 3 000 le nombre de commerces touchés, pour un coût global de plusieurs centaines de millions d’euros. Au-delà des vitrines brisées et des marchandises dérobées, les entreprises doivent faire face aux réparations, aux pertes d’exploitation et aux fermetures temporaires, autant de difficultés susceptibles de fragiliser durablement leur trésorerie.

Face à l’urgence, les CCI interviennent directement auprès des commerçants. Leur première mission consiste à identifier les établissements sinistrés, à recenser les dommages matériels et à évaluer les pertes d’activité. Ce travail de terrain doit permettre de disposer d’un bilan plus précis, mais aussi de faire remonter aux pouvoirs publics les besoins des entreprises et les situations nécessitant une réponse rapide. Le réseau prévoit également des cellules d’appui psychologique et accompagne la sécurisation de la reprise d’activité.

L’accompagnement se veut également pratique et individualisé. La CCI Paris Île-de-France propose notamment aux commerçants un appui dans la constitution de leur dossier d’assurance, l’évaluation des pertes d’exploitation et les échanges avec leur banque. Les conseillers peuvent aussi les orienter dans leurs démarches fiscales et sociales, les questions juridiques ou le recours à l’activité partielle. La Chambre met à disposition un numéro dédié, le 0 800 730 492, ainsi qu’un dispositif de signalement en ligne permettant aux professionnels de demander à être recontactés.

À l’échelle nationale, les CCI préparent également un numéro unique «Entreprises en crise» et doivent mobiliser leurs réseaux pour orienter les entreprises vers les solutions de financement adaptées. Leur rôle est notamment d’aider les commerçants à identifier les dispositifs auxquels ils peuvent prétendre, à réunir les justificatifs nécessaires et à coordonner leurs démarches avec les assureurs, les administrations et les établissements bancaires. Cette proximité peut être déterminante pour les petites structures, qui disposent rarement de ressources internes pour gérer seules ces procédures après un sinistre.

Le Gouvernement a, de son côté, annoncé le 20 octobre plusieurs mesures d’urgence. L’activité partielle doit être prise en charge intégralement par l’État, tandis que les entreprises sinistrées peuvent solliciter des délais de paiement de leurs cotisations patronales et un étalement de leurs charges fiscales. Bpifrance doit également proposer un prêt à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros sur trois ans, afin d’aider les entreprises à reconstituer leurs stocks et à couvrir leurs premières échéances. Un fonds spécifique est par ailleurs prévu pour les petites entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants et une perte d’activité. Les CCI ont vocation à faciliter l’accès à ces dispositifs en accompagnant les professionnels dans leurs démarches.

Cette mobilisation s’inscrit dans un effort collectif associant les services de l’État, les assureurs, les banques et les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA). Ces dernières ont notamment activé un fonds de solidarité pouvant accorder une aide d’urgence allant jusqu’à 1 500 euros. Pour les CCI, l’enjeu est de transformer les annonces nationales en solutions accessibles sur le terrain, tout en faisant remonter les difficultés rencontrées par les commerçants dans l’application des dispositifs.

Au-delà du montant des dégâts, la rapidité de la reprise constituera un indicateur essentiel de l’efficacité de cette réponse. Les commerces de proximité participent à l’activité économique des centres-villes, à l’emploi local et à l’animation des quartiers. En recensant les dommages, en soutenant les démarches d’indemnisation et en facilitant la mobilisation des financements, les CCI occupent donc une fonction opérationnelle : aider les entreprises à rouvrir, préserver les emplois et limiter les conséquences économiques de ces violences. La priorité est désormais de s’assurer que les professionnels les plus fragilisés puissent obtenir rapidement un accompagnement adapté à leur situation.

Article précédentFleuret AI lève 4M€ pour mettre l’IA au cœur de la cybersécurité offensive européenne