L’Indonésie et la France renforcent leur coopération économique avec la création du Conseil d’affaires de haut niveau France–Indonésie (FI-HLBC). Lancé à Paris par la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Indonésie (Kadin) et le MEDEF, ce nouvel organisme doit rapprocher les entreprises des deux pays et accélérer les projets dans plusieurs secteurs stratégiques, de l’énergie aux technologies en passant par l’industrie et la santé.

Le FI-HLBC a été officiellement en 2026 à Paris, à l’occasion du Forum des CEO Indonésie–France organisé pendant la visite d’État du Président indonésien Prabowo Subianto en France. La création du conseil s’inscrit dans le prolongement du renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays. Sa vocation est de créer une plateforme permanente de dialogue entre les entreprises françaises et indonésiennes afin de favoriser les investissements, les échanges commerciaux et les coopérations industrielles.

La nouvelle structure réunit une trentaine de dirigeants de grandes entreprises indonésiennes et françaises, représentant une capitalisation boursière cumulée annoncée à environ 1 300 milliards de dollars, soit près de 1 100 milliards d’euros. Le FI-HLBC est coprésidé par Anindya Novyan Bakrie, Président de Kadin Indonesia, et Antoine de Saint-Affrique, Président du France–Indonesia Business Council de MEDEF International et directeur général de Danone.

Les deux organisations veulent faire du conseil un outil directement orienté vers la réalisation de projets. Au-delà du dialogue entre dirigeants, le FI-HLBC doit notamment permettre d’identifier les obstacles aux investissements, de suivre les engagements déjà pris et de faciliter leur concrétisation. Cette dimension opérationnelle doit permettre de rapprocher les discussions diplomatiques et les besoins des entreprises, alors que les deux gouvernements souhaitent développer davantage leurs relations économiques.

Plusieurs secteurs ont été identifiés comme prioritaires. L’énergie et les minerais critiques occupent une place importante, notamment au regard des ressources indonésiennes et des besoins européens en matière de sécurisation des approvisionnements. La coopération doit également porter sur la défense, les technologies, l’industrie manufacturière, l’agroalimentaire, la santé, la formation et le développement des compétences. Le tourisme figure également parmi les domaines évoqués par Kadin.

Le lancement du conseil intervient alors que les échanges entre les deux économies affichent une dynamique favorable. Selon Kadin, le commerce bilatéral a atteint 1 milliard de dollars dès le premier trimestre 2026. L’organisation indonésienne considère toutefois que ce niveau ne représente qu’une première étape au regard du potentiel des deux marchés et des possibilités de coopération industrielle.

La création du FI-HLBC doit également permettre de prolonger les engagements pris lors des précédentes rencontres entre les deux pays. Lors de la visite d’Emmanuel Macron en Indonésie en mai 2025, 27 protocoles d’accord avaient été signés, représentant plus de 11 milliards de dollars d’engagements d’investissement. Quatre nouveaux accords commerciaux, portant sur un montant total annoncé de 3,5 milliards de dollars, ont par ailleurs été conclus lors de la visite de Prabowo Subianto en France en mai 2026.

Pour Kadin Indonesia et le MEDEF, l’enjeu est désormais de transformer cette accumulation d’accords et d’engagements en réalisations concrètes. Le nouveau Conseil d’affaires doit servir de relais entre les entreprises, faciliter les partenariats et accompagner le développement de projets à long terme. Cette approche doit notamment favoriser les investissements français en Indonésie tout en ouvrant davantage le marché français aux entreprises indonésiennes.

Avec le FI-HLBC, Jakarta et Paris disposent ainsi d’un nouvel outil pour approfondir leur relation économique. Le conseil intervient à un moment où l’Indonésie cherche à développer ses capacités industrielles et à attirer davantage d’investissements internationaux, tandis que la France entend renforcer ses partenariats économiques en Asie du Sud-Est. Pour les entreprises des deux pays, la priorité sera désormais de convertir cette nouvelle architecture institutionnelle en projets industriels, commerciaux et technologiques concrets.

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