
Devant la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lahore (LCCI), l’ambassadrice d’Allemagne au Pakistan, Ina Lepel, a estimé que les relations économiques bilatérales disposent d’un potentiel largement inexploité. Elle a notamment pointé les obstacles réglementaires et fiscaux qui continuent de freiner les investissements et le commerce entre les deux pays.
Les relations économiques entre le Pakistan et l’Allemagne demeurent solides, mais elles pourraient être nettement plus dynamiques selon les autorités allemandes. Lors d’une intervention à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lahore, l’ambassadrice allemande Ina Lepel a souligné que les échanges commerciaux restent en deçà de leur potentiel malgré des liens historiques et économiques de longue date entre les deux pays.
La diplomate a identifié plusieurs freins majeurs à une accélération des investissements allemands au Pakistan. Parmi eux figurent l’imprévisibilité réglementaire, la complexité du système fiscal, le manque de transparence administrative et les lourdeurs bureaucratiques. Selon Mme l’ambassadrice, ces facteurs continuent d’affecter la confiance des investisseurs étrangers et limitent la compétitivité du pays sur les marchés internationaux.
Cette prise de position intervient alors que l’Allemagne demeure le premier partenaire commercial du Pakistan au sein de l’Union européenne. D’après les chiffres présentés par la CCI de Lahore, le commerce bilatéral dépasse désormais 2,5 milliards de dollars. Les exportations pakistanaises vers l’Allemagne atteignent environ 1,7 milliard de dollars, tandis que les importations allemandes représentent près de 880 millions de dollars, générant un excédent commercial en faveur du Pakistan.
Le Président de la LCCI, Faheemur Rehman Saigol, a mis en avant plusieurs secteurs susceptibles de soutenir une nouvelle phase de croissance des échanges. L’industrie automobile, les énergies renouvelables, l’ingénierie, les produits pharmaceutiques, le tourisme et le développement des PME figurent parmi les domaines identifiés comme prioritaires pour les entreprises des deux pays.
La LCCI a également insisté sur l’importance du régime commercial européen GSP+, qui permet à de nombreux produits pakistanais d’accéder au marché européen dans des conditions préférentielles. Ce dispositif est considéré comme un levier essentiel pour la compétitivité des exportateurs pakistanais, notamment dans les secteurs du textile et de l’habillement.
L’ambassadrice allemande a par ailleurs souligné que les entreprises allemandes cherchent actuellement à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale. Cette évolution pourrait offrir de nouvelles opportunités au Pakistan, à condition que le pays poursuive les réformes économiques engagées avec le soutien du Fonds Monétaire International.
Au-delà du commerce, Berlin continue de soutenir plusieurs programmes de développement au Pakistan. L’Allemagne a récemment confirmé un engagement d’environ 114 millions d’euros destiné à financer des projets dans les domaines du climat, de l’énergie, du développement du secteur privé, de la santé et de la protection sociale.
Enfin, Ina Lepel a plaidé pour un renforcement des liens entre les organisations économiques des deux pays. Selon elle, une coopération plus étroite entre la CCI de Lahore, les Chambres de Commerce allemandes et les réseaux d’entreprises pourrait favoriser davantage de partenariats, de coentreprises et d’investissements croisés. Dans un contexte où les industriels allemands recherchent de nouveaux partenaires de production, le Pakistan dispose d’une opportunité pour renforcer sa place dans les chaînes de valeur internationales.





















