
Ce n’est pas un secret, la fiscalité pèse lourd sur la facture énergétique des entreprises.
TICFE, CSPE, accises énergies… la fiscalité énergétique est un casse-tête réglementaire et opérationnel pour les DAF. Chaque erreur de déclaration peut coûter cher, avec un rappel jusqu’à 3 ans.
Bien que de nombreux cas d’exonération (complète ou partielle) existent, les récentes évolutions réglementaires n’ont pas rendu leur mise en place plus facile.
Embarquez avec Charline Dumont, experte Leyton en optimisation fiscale énergétique, pour un décryptage des régimes spéciaux, exonérations et remboursements accessibles, avec les pièges à éviter pour sécuriser vos déclarations.
L’accise sur l’électricité, anciennement appelée TICFE ou CSPE, est une taxe appliquée à la consommation finale d’électricité. Certaines entreprises peuvent bénéficier d’exonérations ou de taux réduits selon leur activité, leur intensité énergétique et leurs usages.
Pourquoi les DAF sous-estiment les taxes énergétiques ?
Pour les DAF, la gestion des taxes énergétiques ne s’apparente pas du tout à celle de la TVA ou de l’IS. De nombreuses raisons l’expliquent :
1. TICFE, CSPE, accises : pourquoi ces termes créent-ils de la confusion ?
TICFE, CSPE ou encore accises sur l’électricité, tous ces noms qualifient la même taxe, celle appliquée sur les factures d’électricité.
● 2003 : Création de la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité) pour financer le service public de l’électricité.
● 2016 : Fusion de la CSPE avec la TICFE (Taxe Intérieure sur la Consommation Finale d’Électricité).
● 2022 : La TICFE devient les accises sur l’électricité et sa gestion est transférée de la DGDDI (Direction Générale des Douanes et Droits Indirects) à la DGFiP (Direction Générale des Finances Publiques) ayant pour conséquence une recodification des textes du code des douanes vers le CIBS.
Si ce transfert a simplifié une partie des démarches pour les entreprises, il a tout de même induit des changements de formulaire et d’interlocuteur.
● 2026 : 4 catégories fiscales (contre 1 auparavant) avec des taux de 0 à 12 €/MWh selon l’usage.
Focus : taxes sur le gaz naturel : des optimisations également possibles ?
Comme pour l’électricité, la fiscalité pèse lourd sur les factures de gaz naturel. Or, ici aussi, des optimisations existent (et elles sont souvent plus conséquentes pour les entreprises) :
– Un tarif plein applicable à tous
– Des taux réduits en fonction de l’activité et de l’usage du gaz naturel, permettant de diviser la taxation par 10.
“De nombreuses entreprises ne pensent pas être éligibles au tarif réduit, pourtant nos experts trouvent des optimisations dans la majorité des cas« .
En savoir plus sur TICGN (Taxe Intérieure de consommation de Gaz Naturel)
2. Accises électricité 2026 : quelles évolutions les DAF doivent-ils suivre ?
Outre les changements de nom et de juridiction, les taux pleins et les taux réduits ont également connu des changements de montant et de critères d’éligibilité :
● 2022-2024 : Mise en place du bouclier tarifaire avec des taux plafonnés à 0,5 €/MWh pour toutes les entreprises, sans condition
● 2025-2026 : Retour aux taux pleins avec une mesure transitoire pour les entreprises répondant aux conditions d’éligibilité aux tarifs réduits (taux réduits à 0,5€/MWh maintenus).
● 2026 : Retour aux taux réduits différenciés, instauration de 4 nouvelles catégories fiscales (grand consommateur, électro-sensible, électro-intensif, exposé à la concurrence internationale) et augmentation du taux réduit (5,5€/MWh au lieu de 0,5€/MWh précédemment)
L’ensemble de ces évolutions récentes impactent les entreprises : les DAF n’ont pas le temps de s’adapter entraînant des erreurs de déclaration (ex. : mauvaise classification des usages) ou des opportunités manquées (ex. : exonération non demandée).
«La fiscalité énergétique est comme un iceberg. Les DAF ne voient que les factures, or cela ne représente que 10% de la complexité. Les 90% restants, ce sont les exonérations, les régimes spéciaux… et ils sont trop souvent ignorés, alors qu’ils peuvent faire économiser des centaines de milliers d’euros.», analyse Charline Dumont.
2026 : quels leviers d’optimisation pour votre entreprise ?
Pour justifier des taux réduits de l’accise sur l’électricité, deux conditions cumulatives doivent être respectées :
1. Éligibilité industrielle : avoir un code NACE d’activité industrielle en 05.10 et 39.00.
2. Éligibilité financière : être une entreprise «exposée au prix de l’électricité», autrement dit avoir un montant total d’accises au taux de référence supérieur à 0,5% de la Valeur Ajoutée de l’entreprise.
Les tarifs réduits d’accises dépendent ensuite de l’intensité énergétique de l’entreprise :
● Grand consommateur d’électricité
● Électro-sensible
● Électro-intensif
● Activités exposées à la concurrence internationale
Certaines entreprises paient le tarif standard sans savoir qu’elles pourraient bénéficier de taux réduits. D’autres ne mettent pas à jour leur situation administrative et passent à côté d’optimisations importantes. Dans les faits, ces écarts peuvent représenter plusieurs milliers d’euros par an.
«Les exonérations ne sont pas réservées aux géants de l’industrie. Même une PME avec une activité éligible peut économiser des dizaines de milliers d’euros par an… à condition de bien classer ses usages et de respecter les délais.», explique Charline Dumont.
Exonérations et tarifs réduits de l’accise sur l’électricité : les documents à préparer
Pour justifier l’éligibilité aux tarifs réduits, les entreprises doivent préparer plusieurs documents justificatifs :
● La qualification précise des activités : description des processus industriels
● La quantification précise des activités éligibles au prorata des usages effectifs
● Les calculs détaillés de leur intensité énergétique pour justifier du ratio entre la consommation d’électricité et la valeur ajoutée.
● Les éléments comptables sur lesquels s’appuient ces calculs : factures d’électricité, bilans, comptes de résultat
● Si applicable, les preuves d’exposition à la concurrence internationale
Accises électricité : quelles erreurs déclaratives à éviter ?
Une erreur de déclaration peut coûter des dizaines de milliers d’euros à votre entreprise, sans compter les pénalités et les rappels sur 3 ans.
Pourtant, de nombreuses erreurs sont encore fréquentes :
1. Oublier de déclarer une consommation éligible
2. Mauvaise classification des usages
3. Application du taux réduit directement sur la facture d’année en année sans vérification des conditions
4. Ne pas conserver les preuves permettant de justifier les exonérations
«Le pire dans les pièges déclaratifs ? Ce n’est pas qu’ils coûtent cher… c’est qu’ils sont évitables à 100%. Avec un audit et un peu de rigueur, aucune entreprise ne devrait en être victime.», précise Charline Dumont.
Comment sécuriser vos exonérations et taux réduits d’accises ?
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