Malgré des tensions politiques persistantes, la Chine affiche sa volonté de relancer la coopération économique avec le Japon. Soutenues par leur Chambre de Commerce bilatérale, les entreprises japonaises continuent d’investir massivement sur le marché chinois.

Le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) a appelé Tokyo à «corriger ses erreurs» afin de rétablir des conditions favorables à une coopération économique normale entre la Chine et le Japon. Cette prise de position intervient dans un contexte de relations bilatérales tendues, marqué par des divergences politiques mais aussi par des inquiétudes exprimées par certaines entreprises japonaises opérant en Chine.

Interrogée sur l’absence d’entreprises japonaises lors du China Development Forum cette année, la porte-parole du MOFCOM, He Yongqian, a réaffirmé la volonté de Pékin de maintenir une ouverture économique de haut niveau. Elle a insisté sur l’engagement du pays à offrir un environnement des affaires attractif, fondé sur des règles de marché et une meilleure intégration internationale.

Dans ce contexte, la Chambre de Commerce et d’Industrie japonaise en Chine joue un rôle clé pour prendre le pouls des entreprises. Une récente enquête menée par l’organisation met en évidence une perception globalement positive du marché chinois. Les entreprises japonaises interrogées indiquent maintenir un niveau de satisfaction élevé et expriment leur intention de poursuivre, voire d’intensifier, leurs investissements dans le pays.

Les données officielles confirment cette dynamique. Les investissements directs japonais en Chine ont progressé de 55,5% sur un an au cours des trois premiers trimestres de 2025, illustrant un décalage entre les tensions diplomatiques et les réalités économiques. Cette tendance est également soulignée par plusieurs analyses internationales, qui mettent en évidence une poursuite des flux de capitaux malgré le refroidissement politique entre Tokyo et Pékin.

La présence japonaise en Chine reste en effet considérable. À la fin de l’année 2024, près de 58 000 entreprises japonaises étaient implantées dans le pays, pour un stock d’investissements dépassant 133,6 milliards de dollars (environ 123 milliards d’euros). Si l’industrie manufacturière demeure dominante, les investissements se diversifient progressivement vers les services, notamment la finance, l’assurance, la distribution et la restauration.

Pour les autorités chinoises, cette réalité économique doit servir de base à un rapprochement. Pékin insiste sur le fait qu’une relation commerciale stable entre les deux pays est dans l’intérêt commun de leurs économies respectives. Le gouvernement chinois appelle ainsi le Japon à adopter une approche plus pragmatique, afin de préserver la fluidité des échanges.

Du côté des entreprises, les logiques de marché semblent primer. Malgré les incertitudes, elles continuent de considérer la Chine comme un marché stratégique, à la fois pour sa taille, son dynamisme et son rôle central dans les chaînes de valeur régionales.

Dans ce contexte, les Chambres de Commerce apparaissent comme des acteurs essentiels pour maintenir le dialogue économique. En relayant les attentes des entreprises et en facilitant les échanges avec les autorités, elles contribuent à préserver une coopération bilatérale qui, malgré les tensions politiques, reste profondément ancrée dans les réalités économiques.

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