Le ministre du Commerce Ömer Bolat a prononcé un discours lors du programme du 20e anniversaire de la Chambre de Commerce et d’Industrie turco-allemande (TATSO) qui avait lieu fin avril. Objectif : atteindre 60 milliards de dollars en volume d’échange commercial entre les deux pays dans quelques années, soulignant la portée des liens et appelant à une mise à jour de l’union douanière.

À cette occasion, Ömer Bolat a évalué les liens commerciaux turco-allemands, peu après la visite du Président allemand Frank-Walter Steinmeier à Ankara et ses contacts officiels avec le Président Recep Tayyip Erdoğan. Le Président turc avait exprimé l’espoir qu’Ankara et Berlin ne rencontrent pas d’obstacles et se concentrent sur la discussion de projets de production conjoints, en particulier dans le secteur de la Défense.

Recep Tayyip Erdoğan avait déclaré que «la Turquie visait à étendre le volume du commerce bilatéral avec l’Allemagne, qui a dépassé les 50 milliards de dollars, à 60 milliards de dollars de manière équilibrée.» Et d’insister «qu’en tant qu’alliés de l’OTAN, Ankara et Berlin ont des relations multiformes dans divers domaines, de la sécurité à l’économie, et de la culture à la science.»

Ömer Bolat a rappelé la création de la Chambre de Commerce et d’Industrie turco-allemande à Cologne il y a 20 ans, avec la participation du Président Erdoğan et de Gerhard Schröder, le chancelier allemand de l’époque. «Aujourd’hui, environ 154 chambres et bourses de commerce turques sont représentées parmi les 452 membres de l’association. Les autres membres sont des entreprises de Turquie et d’Allemagne», a-t-il indiqué.

«Les liens économiques entre la Turquie et l’Allemagne suivent une trajectoire prometteuse, avec un volume d’échanges bilatéraux de 50 milliards de dollars en 2023. L’Allemagne est un investisseur étranger direct important en Turquie, avec des investissements directs totalisant 687 millions de dollars en 2023. En outre, la présence de plus de 8 000 entreprises allemandes en Turquie souligne la confiance solide dans nos relations économiques bilatérales», a-t-il ajouté.

«Les personnes d’origine turque et les citoyens turcs en Allemagne jouent un rôle central dans nos relations bilatérales, avec environ 80 000 entrepreneurs turcs générant un chiffre d’affaires annuel de 80 milliards d’euros et employant 500 000 personnes», a insisté le ministre.

Dans le cadre de son discours à Berlin, il a rappelé la croissance robuste de l’économie turque de 4,5% en 2023 et le revenu par habitant de 13 110 dollars, soulignant que tous ces résultats ont été obtenus au milieu de crises telles que les troubles de l’économie mondiale et les tensions géopolitiques.

Évaluant la position de la Turquie dans un certain nombre de secteurs tels que l’industrie du textile et de l’habillement, dans laquelle le pays se classe au septième rang mondial, l’industrie du tourisme, dans laquelle il occupe la quatrième place, et l’automobile, dans laquelle il se classe au treizième rang, Ömer Bolat a déclaré : «Nous avons réussi à devenir le fournisseur numéro un de l’industrie des produits blancs et de l’électronique en Europe. Ce faisant, nous avons reçu un soutien et des contributions considérables de la part d’investisseurs internationaux, en particulier de l’Allemagne. Nous les remercions vivement.»

«La Turquie a reçu 260 milliards de dollars d’investissements directs internationaux au cours des 20 dernières années. La part de l’Allemagne s’élève à 25 milliards de dollars. Cela représente 8,5% du total. Il est à espérer que ce chiffre augmentera encore au cours de la période à venir», a déclaré le ministre. Il a également souligné que «la Chambre de commerce et d’industrie germano-turque constituait un pont important à cet égard

En outre, Ömer Bolat a déclaré que «les citoyens turcs qui vivent et travaillent en Allemagne depuis 1961 ont formé le lien le plus important entre les deux pays, ils ont apporté une contribution significative à l’économie allemande en fournissant 500 000 emplois avec les entreprises qu’ils ont créées».

Le ministre a également déclaré que «l’union douanière entre la Turquie et l’UE est en vigueur depuis 28 ans et qu’elle a été mise en œuvre avec succès. Cela a apporté des avantages significatifs aux deux parties, jouant un rôle majeur dans l’amélioration de la compétitivité de l’économie turque, de l’industrie, du secteur des services et de l’agriculture».

«L’année dernière, le volume total des échanges commerciaux entre les deux parties s’élevait à 211 milliards de dollars, dont 104,5 milliards de dollars d’exportations de la Turquie vers l’UE et 105,5 milliards de dollars d’exportations de l’UE vers la Turquie. L’Allemagne est le premier exportateur parmi les pays de l’UE et l’UE est le principal partenaire commercial de la Turquie», a-t-il insisté.

Ömer Bolat a nuancé tous ces points positifs en expliquant que le processus de mise en œuvre de l’union douanière avait connu quelques difficultés. «En particulier lorsque l’UE conclut des accords de libre-échange avec des pays tiers sans que nous soyons présents à la table, cela nous désavantage sur le plan économique, la libre circulation des citoyens turcs, qui aurait dû faire partie des accords depuis longtemps, n’a malheureusement pas été réalisée à ce jour.»

Il a cité l’exemple des problèmes de visa auxquels les citoyens turcs ont été confrontés ces dernières années, avec de longs délais pour obtenir un rendez-vous, ainsi que les problèmes rencontrés par les chauffeurs routiers, qui entravent la circulation des marchandises. Il souhaite que l’Allemagne joue un rôle important dans le renouvellement de l’union douanière entre la Turquie et l’UE.

«Nous attendons de nos amis allemands, du gouvernement allemand et des milieux d’affaires allemands qu’ils comblent les lacunes de ce régime d’union douanière, qui dure depuis 28 ans entre la Turquie et l’UE, qu’ils incluent le secteur des services et les investissements, et que les négociations sur la modernisation de l’union douanière débutent dès que possible», a-t-il conclu.