En proie à de violentes émeutes depuis le 13 mai, la Nouvelle-Calédonie subit de plein fouet les contestations liées à un projet de réforme constitutionnelle rejeté en bloc par les autochtones historiques kanaks qui craignent pour leur avenir. De nombreux dégâts ont été causés et David Guyenne, qui est à la tête de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nouvelle-Calédonie, tirait déjà il y a quelques jours un premier bilan économique très morose.

Estimés à un milliard d’euros de dégâts le 21 mai par le Président de la Chambre néo-calédonienne, les préjudices subis sont considérables à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie. Celui-ci explique que «le commerce est en majorité touché, mais aussi des industries et surtout beaucoup d’entreprises de services, notamment les concessionnaires automobiles.»

Et d’insister : «il va falloir aussi penser aux coûts indirects pour l’économie. 200 entreprises brûlées et anéanties, cela correspond à plus de 2 000 employés. Il faudra que la collectivité puisse assurer leur salaire, le chômage, il faudra aussi qu’on puisse soutenir les entreprises qui, certes, n’ont pas été brûlées et endommagées, mais qui vont devoir fonctionner dans un climat économique complètement dégradé pour une période assez conséquente.»

Philippe Martin, qui dirige la formation professionnelle continue en Nouvelle-Calédonie, est forcé au télétravail depuis l’incendie des locaux où il travaille habituellement. Il explique que «la zone industrielle de Ducos a été détruite à plus de 80%. Cette presqu’île située au nord-ouest de Nouméa était un poumon économique avec plus de 3000 entreprises installées.»

Entre 6000 et 8000 emplois auraient déjà été détruits. Pour un archipel de seulement 270 000 habitants, c’est un nombre très lourd de personnes impactées. Les acteurs locaux souhaitent que les assurances et l’État prennent part à l’indemnisation de manière sérieuse pour reconstruire et relancer au plus vite la Nouvelle-Calédonie.

David Guyenne a salué, la prise de conscience d’Emmanuel Macron suite à sa venue et de l’ampleur des dégâts sur le plan économique ainsi que la nécessité absolue d’aider l’archipel à se relever. Il a également lancé un appel au calme et espère que la situation reviendra au plus vite à la normale.